[FR] AKELUN - Prologue
Added 2023-03-12 18:58:14 +0000 UTCEnglish Version: https://www.patreon.com/posts/79924662
Voici un poste un peu inhabituel venant de moi sur Patreon. J'ai finalement décidé de poster le prologue de mon Comics en tant que Teaser, si l'on peut dire. Voici donc une partie importante de mon histoire, résumé en 3 petites parties.
Pour information, ce prologue se passe un peu plus de 20 ans avant les premiers chapitres que j'ai commencé à dessiner (Le chapitre Bonus NSFW et le Prologue, qui deviendra le chapitre 1, et dont j'ai posté les premiers sketchs). Et bien sûr, je compte illustrer ce prologue en comics également.
Veuillez trouver l'histoire ci-dessous, et le .pdf en lien.
Si vous avez des questions ou voyez quelques incohérences (ou erreurs), n'hésitez pas à me le rapporter. Bonne lecture à tous les intéressés !
----------------------------------------------------------------------------------
Keluna était un jeune dragonnet à peine sorti de l’œuf, et pourtant, il était déjà plein d’énergie et bondissait et gambadait dans tous les sens, à la poursuite de deux autres jeunes dragonnets d’une autre portée. Ses écailles grises et blanches, qui ne prendront leurs couleurs définitives qu’au bout d’une quinzaine d’années, comme pour tous dragons, reflétaient le soleil couchant à chacun de ses passages. Pour son âge, il était sacrément habile et n’avait rien à jalouser à ses deux camarades de jeu pourtant plus âgés.
Quelques mètres plus loin, deux dragons adultes, un mâle argenté et une femelle aux écailles dorsales vertes et ventrales jaunes, au sommet d’un monticule, surveillaient leurs faits et gestes. Du moins, ils les observaient d’un œil plutôt inattentif, concentrés sur ce que deux dragons adultes savaient faire de mieux. S’accoupler.
Ainsi, le mâle se retrouvait noué à sa partenaire, haletant à son oreille, alors qu’ils venaient de conclure. L’anatomie des dragons étant ainsi faite, ils étaient ainsi contraints d’attendre un moment avant de pouvoir se séparer l’un de l’autre, jouissant des quelques derniers plaisirs de leur moment d’intimité.
- Ah, Lianarel. Quel plaisir que de voir ton tout petit dragonnet aussi vigoureux, susurra le mâle à la femelle sous son ventre.
Celle-ci tordit le cou, plongeant ses yeux plein de fierté dans les siens et lui assenant un brusque coup de langue sur le museau.
- Il est ce que j’ai de plus précieux, dit-elle d’une voix emplie d’émotion, émettant du fond de sa gorge de douces vibrations très proches du ronronnement typique des félins.
En réponse, le mâle mâchouilla l’oreille de sa partenaire de jeu et ajouta : « J’ai été très agréablement surpris, je dois bien l’avouer. Cela fait plus d’une dizaine d’années que l’on ne m’avait plus donné tort. Je me demande quel est ton secret de couvée. »
Le regard de Lianarel se fit soudain un peu moins doux, cachant sa contrariété quant au fait que le mâle abordait le sujet.
- Bien entendu, je suis heureux que tu m’aies donné tort. Ne te fais pas de fausses idées ! S’empressa-t-il d’ajouter, un sourire gêné aux lèvres. Je ne peux juste pas m’empêcher d’être surpris, tu comprends. Ton œuf avait vraiment sur lui des signes qui ne trompent pas.
La dragonne soupira.
- Et comme par hasard, tu attends d’être noué à moi pour aborder le sujet. Je ne te savais pas aussi fourbe, Reygan.
- Tu sais bien que je ne résiste jamais au doux regard d’une si jolie femelle.
Lianarel leva les yeux au ciel.
- Je parie que tu dis cela à toutes les femelles avec qui tu souhaites te nouer.
Reygan émit un léger rire, mais il reprit son sérieux aussitôt.
- Lianarel, dis-moi la vérité, je t’en prie. Je te promets de garder ça entre nous. As-tu oui ou non fait quelque chose en particulier pour sauver la vie de Keluna ?
La dragonne baissa la tête, hésitante. Finalement, elle prit une profonde inspiration et répondit simplement : « Je n’ai fait que ce que je pouvais faire, Reygan. Rien de plus. Je te promets que son œuf a éclos comme n’importe quel autre œuf. C’est mon amour qui lui a permis de survivre, rien de plus. »
Plus loin, le dragonnet en question se tenait assis sur le dos d’un de ses deux compagnons de jeu, poussant un cri de victoire alors qu’il venait de dominer un dragonnet plus grand que lui, fier de son exploit.
A quelques kilomètres de là, en plein centre d’une cité humaine très vivante, des gardes armées s’en prenaient à des marchands, vêtus de peau de bête, saisissant les marchandises les unes après les autres.
- Hey ! Vous n’avez pas le droit ! Reposez ça tout de suite ! Hurla un des marchands, furibond.
- Vous sortez d’une grotte ? Cela fait un mois que la chasse aux dragons a été décrétée comme illégale par l’assemblée des Nations Unies, expliqua un des gardes. De fait, il a été ordonné de saisir toutes marchandises à base de dragons.
- Nous ne chassons plus le dragon ! Nous ne faisons qu’écouler les stocks restants ! Alors quoi ? En plus de nous priver de notre métier, vous voulez nous foutre à la rue, c’est ça ?
Un autre marchand en colère s’approcha, une bouteille de verre vide à la main, menaçant : « Si vos hommes ne dégagent pas, nous vous dégagerons de force. »
Le garde recula, une main à son épée, prêt à se défendre : « Nous ne faisons qu’obéir aux ordres, et vous feriez mieux de vous plier aux lois. »
- Nous sommes presque tous des Soulen Performers ici. Qu’est-ce que tu penses pouvoir nous faire ? Rétorqua un troisième marchand.
Un homme caucasien vêtu de noir, fin et musclé, les cheveux longs tombant aux épaules, une mèche tressée et une barbe Van Dycke soignée passa alors devant les gardes.
Les marchands reculèrent, inquiets. Ils savaient qui était l’homme qui les regardait maintenant avec un regard tel des lames de rasoir.
- Défier les gardes, c’est défier mon autorité. Et je ne saurai tolérer de tels actes.
Aussitôt ces paroles dites, en un éclair, l’homme en noir s’élança sur le premier marchand et lui asséna un violent side-kick ventral, expulsant un cri de guerre au moment de porter le coup. Le marchand se retrouva violemment projeté contre un pilier en bois qu’il brisa en deux avant de s’effondrer contre des caisses, incapable de bouger. Des côtes avaient probablement étaient brisées.
- Mmmh… Pas très résistant pour un Soulen Perfomer.
Puis, s’adressant aux autres marchands sans même les dévisager, l’homme en noir demanda : « Vous souhaitez toujours défier mes soldats ? »
Ces derniers levèrent aussitôt les mains dans un geste de reddition. L’homme en noir claqua des doigts. Un garde s’approcha.
- Menottez-moi tout ce monde et reprenez où vous en étiez. Vous me les amènerez ensuite en cellule, que j’ai une petite discussion avec eux.
Le garde s’inclina et, suivi de ses compagnons d’armes, approcha les marchands, menottes en main.
Encore plus loin, en haut d’une montagne, un homme chauve à la peau noire vêtu simplement, mais portant des vêtements taillés sur mesure, observait le soleil couchant en compagnie d’un dragon noir. Tous deux étaient silencieux, admirant la vue.
- Alors ? Demanda soudain le dragon. C’est réglé ?
L’homme se tourna vers lui.
- Tel que convenu, nous avons interdit la chasse aux dragons sur tout le continent. Du moins, dans toutes les nations avec lesquelles j’ai des relations.
Le dragon renâcla, contrarié.
- Quelle déception de constater votre incapacité à l’interdire sur le continent entier.
- J’ai fait de mon mieux… Mais je comprends votre mécontentement. En réalité toutefois, je ne peux m’empêcher de penser que vous avez davantage de raisons de nous détester. Je ressens en vous une vieille rancœur à notre égard.
Le dragon noir se tourna vers lui, le regard mauvais.
- Cela ne te concerne en rien, l’humain. Ne me fais pas regretter la confiance que nous nous sommes permis de t’accorder.
Le regard de l’homme s’adoucit en une émotion emplie de compassion.
- Je ne vous demanderai pas de m’expliquer si vous ne le souhaitez pas. Mais j’admets que j’aurais voulu avoir une chance de comprendre…
- Il ne sert à rien de comprendre. Sachez que je vous respecte autant que je vous hais. Vous m’avez donné tort, et par votre faute, les humains sont devenus une menace encore plus terribles pour nous autres.
L’Homme s’offusqua, mais garda son calme.
- Nous en avons déjà longuement parlé, Sergan. Vous confondez conséquences et intentions. Et je pense faire tout ce qui est en mon pouvoir pour prendre ma part de responsabilité.
Le dragon renâcla. Il n’était visiblement pas satisfait.
- Je reste convaincu que cette paix ne pourra durer. Nous avons décider de te donner une chance de nous prouver le contraire. Tu es certes très naïf, mais j’ai du mal à m’imaginer te trancher la gorge. Et je ne saurais dire si j’en suis rassuré ou au contraire contrarié.
L’Homme soupira.
- J’imagine que c’est le meilleur compliment que j’entendrai de votre bouche. Enfin, ce n’est pas grave. Je suis déjà heureux que nous soyons parvenus à un accord.
Le dragon le dévisagea intensément. Finalement il étendit ses ailes, prêt à décoller et lança : « Tu es le premier être humain que je respecte, Alestis Pionli... Et probablement le dernier. Je serais toi, je m'arrangerais pour avoir la plus longue de toutes les vies humaines. »
L’Homme se couvrit les yeux tandis que Sergan prit son envol, s’éloignant dans le ciel. Secouant son bras, il écarta la poussière avant de répondre simplement : « Malheureusement, je ne suis pas immortel. »