22 juillet
Added 2025-07-22 13:12:45 +0000 UTC22 juillet. date qui compte pour moi. il y a exactement 20 ans, je me mariais... et il y a exactement 14 ans je terminais "SURVIVRE à l'effondrement économique". dont voici la conclusion:
Je ne veux pas vous faire peur, mais je crois que la convergence des immenses problèmes auxquels l’humanité fait face et d’une culture et d’un leadership défaillants rend la catastrophe inévitable. Si de nouvelles informations montrent que je me trompe, j’en serai heureux et réviserai mes pronostics. Mais je crois que tous les chiffres et les tendances lourdes montrent que c’est trop tard.
C’est trop tard.
La rapidité et la forme de l’effondrement pourront varier, mais la vie telle que nous la connaissons va être bouleversée de fond en comble. Il n’y aura pas un deus ex machina qui nous sauvera par miracle à la dernière minute.
Nous ne sommes pas à la fin des temps au sens millénariste de cette expression, mais à la fin d’un cycle – la fin d’un monde – celui du progressisme, celui de la domination de la finance et de la bourgeoisie. Un cycle de 400 ans se termine.
Je sais que beaucoup de lecteurs vont avoir le réflexe de rejeter les faits qui ne correspondent pas au modèle de pensée qu’ils ont acquis ou parce que les conséquences leur sont inimaginables. Je ne peux que les encourager à faire eux-mêmes leurs recherches, à vérifier les informations par eux-mêmes et à se forger eux-mêmes leur opinion à partir de ces faits.
Ce n’est pas par ce que je décris un monde déplaisant que je souhaite son avènement, ou que je me réjouis de ce qui va arriver. Loin de là. Je me dois de garder confiance en la capacité des hommes à rebondir, à être résilients, à utiliser leur courage, leur inventivité, leur sens de la justice pour s’en sortir. Mais cette attitude est plus due à un acte de foi qu’à une analyse objective. Cette dernière me fait penser qu’on est mal.
Mon but n’est pas de convaincre ni même de vendre. Et si sur www.piero. com je propose mes services de conseil pour la mise en place d’une BAD, mon objectif principal est d’aider à la prise de conscience, de vous aider à imaginer comment survivre et comment passer à l’action dans cette démarche. Si suffisamment de personnes changent leurs attitudes, si nous sommes suffisamment nombreux à nous préparer, peut-être influencerons-nous les politiques et atténuerons-nous, par notre exemple, les effets de l’effondrement.
Regardez bien vos enfants. Avez-vous confiance dans les compétences et en la fibre morale de vos dirigeants politiques et économiques ? Si la réponse est oui, alors dormez tranquille, mon brave : votre destin et celui de votre famille est en des mains que je souhaite de tout cœur bienveillantes à votre égard. Mais si la réponse est non, vous vous retrouvez, en tant qu’adulte responsable, devant un choix : soit ne rien faire, soit prendre vos responsabilités et agir.
Le choix est vôtre. Survivre est un choix.
Et ce ne sera pas facile. C’est dur de changer le monde. Commençons plutôt par nous changer nous-mêmes. Débarrassons-nous des nombreuses notions qui nous conditionnent et que nous avons acceptées sans questionnement : la croissance infinie, le bonheur par la consommation, la liberté réduite au désir, le salariat et les embouteillages comme marques de notre esclavage, l’inversion de toutes les valeurs et la manipulation de l’information, dans un monde qui ressemble de plus en plus à celui que George Orwell avait si bien décrit dans 1984.
Il nous faudra voir le monde autrement, acquérir de nouvelles compétences, nous former à de nouveaux métiers, essayer de nouvelles façons de travailler, redécouvrir le bien commun et recréer un lien social fort. On peut changer sans trop changer nos apparences : acquérir un nouveau savoir-faire et de nouvelles compétences sans le montrer, sans que ce soit trop évident. Continuez à travailler, utilisez votre salaire et votre fortune pour vous préparer. Faites-le discrètement, car dans notre société de consommation, toute attitude ou pensée qui s’élèverait contre ce système deviendra de plus en plus suspicieuse et vous risqueriez d’être mis en marge de la société. Socialement, les gens ne vous comprendraient pas. Amis et famille vous critiqueront ou se moqueront dans votre dos, vos employeurs vous trouveront trop marginal et prendront des mesures : carrière ralentie ou stoppée net, voire licenciement. À long terme, ce n’est pas grave. À court terme, cela pourrait toutefois vous
priver des ressources utiles à votre préparation. Ignorez donc les sceptiques et leurs critiques, et focalisez-vous sur la préparation nécessaire pour atteindre votre objectif : survivre.
Tout le monde n’y arrivera pas. Certains n’auront pas la capacité, la discipline, la détermination pour le faire. D’autres, bien que conscients de ce qu’ils devraient faire, ne commenceront à changer que lorsqu’ils seront forcés par les événements. D’autres encore continueront dans le déni et, à l’instar de ceux qui ne pouvaient pas croire que le Titanic puisse couler car ils le croyaient insubmersible, ils se retrouveront brutalement pris au dépourvu. Pour eux, ce sera trop tard.
Alors prenez le temps de bien réfléchir à ce que vous avez lu dans ces quelques centaines de pages. Prenez le temps. Prenez des vacances ou alors refusez cette promotion et restez à un poste où, grâce à votre expérience, vous effectuerez votre travail si vite que vous aurez du temps pour penser, lire, vérifier les informations et commencer votre préparation. Le détachement et l’indifférence peuvent aussi être des sentiments très utiles : celui qui déprime et qui se sent étranger au monde d’aujourd’hui est peut-être prêt pour celui qui vient.
Mais voilà pourquoi je reste optimiste : ceux qui vont changer, ceux qui sauront se préparer, se transformer, choisir une frugalité volontaire, retrouver la droiture et la dignité des vrais hommes, et qui survivront, formeront le fondement culturel et génétique d’un monde nouveau. Et ce monde sera plus beau et aura plus de sens que le nôtre.
En tout cas, vous n’avez aucune excuse : vous êtes responsable et, comme me le disait mon père, actionnaire à 100 % de vous-même ! Votre famille compte sur vous, alors, travaillez dur, apprenez, entraînez-vous. Surtout, je ne veux pas entendre de pleurnicheries ! Pas de cris plaintifs sur le fait que c’est trop dur et que vous n’arriverez pas à tout mettre en place à temps ! Si vous ne parvenez pas tout de suite à des résultats parfaits, ne vous découragez pas : persévérez, recommencez, encore et encore !
Enfin, sachez prendre le temps de vous arrêter, d’apprécier le parfum des fleurs, de contempler le paysage, de respirer, et de profiter des petites choses de la vie. Ce sont les seules à être vraiment importantes.
Vous êtes encore là ? Allez, au travail !
Genève, le 22 juillet 2011
Comments
Ce livre a sans aucun doute été un des meilleurs achats de ma vie. Merci Piero
DidMarlow
2025-07-23 05:46:43 +0000 UTCDes mots d'une grande justesse !
Tony
2025-07-22 21:29:48 +0000 UTC