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Piero San Giorgio
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Tranche de vie : les stagiaires

Tranche de vie : les stagiaires

Comments

Moi j’ai eu un stagiaire à l’époque où je bossais dans l’audiovisuel. qu’on m’à refilé dans les pattes en tournage video clientèle sur une maison grand standing à vendre il a disparu 2h....le gars a pris une douche chez le client.... à l’aise. Vas récupérer ça.

Loïc Bentata

Haha, je devrais plutôt écrire un livre.. mais pour résumer un peu j’ai vu le pire arriver vers 2015, avec des stagiaires pleurer parce qu’on leur avait simplement demandé de corriger un travail, j’ai vu des parents appeler le bureau pour demander que l’on arrête de stresser leurs enfants (adultes donc), des personnes disparaître du lieu de travail parce qu’on ne leur avait pas donné de tâches, voir même un mec s’inscrire à des cours universitaires à mi-temps sur un contrat à 100% sans en parler à personne et être tout à coup absent 2 jours par semaines. Bref, impossible de travailler normalement dans ces conditions.

Timo

Michel Drac, qui écrit son prochain livre sur ce sujet et a qui j'ai fait lire ton commentaire te réponds : Salut, C'est exact, le "boomerisme" n'est pas une génération, mais un phénomène générationnel. C'est l'avis de ceux qui ont écrit : - contre les boomers (Bruce Gibney, de parti pris mais qui analyse les causes objectives du boomérisme américain, et les résume en une citation de Flaubert, "le bonheur c'est comme la vérole, arrivé trop jeune ça vous gâte"), - ou pour prendre leur (prudente) défense, comme Jean-François Sirinelli qui explique les particularités de la "génération sans pareille" (né en France vers 1950) à partir d'un constat imparable : ces gens ont fait leur "crise d'adolescence" au moment précis où la France d'après-guerre faisait d'une certain façon la sienne (les années 60), d'où le fait qu'ils soient restés ados toute leur vie. Je ne connais pas la situation suisse, mais si la Suisse a basculé hors du mode de pensée d'avant la consommation de masse seulement dans les années 70, donc 10 après la France, il est prévisible que le "boomérisme" caractérise en Suisse les gens nés vers 1960 plutôt que, comme en France, vers 1950. Pour comprendre ce phénomène, ayant beaucoup lu sur les générations, je recommanderais non les savants travaux des sociologues (qui ont leur intérêt mais manquent souvent de substance humaine), mais plutôt les témoignages vécus, par exemple le très instructif "confession d'un baby-boomer", de Thierry Ardisson. Franchement, tu lis ce bouquin d'entretien d'Ardisson, tu comprends l'origine du boomérisme. Sinon, en France, le boomérisme est partagé par la fraction de la génération X qui n'a pas payé le prix du néolibéralisme, et qui ressemble beaucoup aux boomers (en gros, la classe moyenne supérieure née dans les années 60/70, qui fait un peu "boomers again"). Comme par hasard, la mentalité boomer s'atténue quand tu descends dans les classes sociales percutées par le néolibéralisme (en gros, la génération X losers). Pas de surprise : l'homme est con, il ne comprend la brutalité du monde que s'il la subit... Tu peux transmettre à ton abonné !

Piero San Giorgio

Excellent! Je côtoie cette pente descendante chaque semaine en donnant des cours… vertigineux! Je mets un bémol sur la corrélation génération-mentalité qui a mon sens est une conséquence mais pas une cause. Je m’explique: Je remarque que les critères que l’on dénonce changent de « génération » ou précisément se décale dans de 10-15 ans dans les moyennes d’âges, disons les tranches d’âges, par le fait que le niveau de vie diffère d’une région à l’autre. Les boomers français ne sont pas de la même tranche d’âge (80 ans) qu’en Suisse qui, paradoxalement, a un décalage de 15 ans dans le futur. Notons au passage que la période post guerre mondiale et le plan Marshall a directement influencé la France en « direct » alors que l’eldorado de la Suisse, sont évolution vers les 30 glorieuses, s’effectue plus proche des années 1960. Ce décalage est soutenu pas la mentalité que je vois autour de moi de ceux répondant au critère « encore un jour de plus en croisière s’amuse » qui ne sont pas mes grands-parents ni tous les ancien que j’ai côtoyé du haut de leur 80-85 ans, mais la génération née dans les années 1960 qui arrive à la retraite. Ce qui me fait dire que c’est une question de mentalité et de contexte, non pas de génération fixe et universelle, boomer est une philosophie de vie, pas une catégorie. Mais sujet passionnant!

Le Suisse Prévoyant

Je me rappelle certains stagiaires recrutés en dernière années d'école d'ingénieur. Le stagiaire était plus productif que pas mal d'ingénieur. C'était de l'exploitation, et certain managers minable les maltraitait.

dubois

oui j'ai eu plein d'exemples ou des employés se foutaient gravement des erreurs qu'ils faisaient en creant des pertes financières, j'ai vu des exemples allant de 200euros a 11500euros...

Corben

J'ai bossé en intérimaire, par choix, pendant 20 ans (secrétariat); je bossais tellement bien, que je n'arrivais plus à prendre des congés (ce qui était le but de l'intérimaire...), car j'enchainais les missions non-stop; en fait, j'étais souvent plus efficace que les secrétaires en vacances, en congé maladie/maternité, et en plus j'expliquais à tous mes collègues - qui avaient pourtant suivi une formation payée par leur boite - comment utiliser leurs nouveaux outils "informatiques" (le choc quand on est passés de Esc-Menus à Windows ... déjà que certains étaient restés figés sur la machine à écrire à marguerites). Bref, quelques années plus tard, une jeune amie me faisait part de ses doutes sur le marché du travail; je lui ai dit "ne stresse pas, laisse les autres être ce qu'ils sont, càd médiocres dans la grande majorité, et tu ressortiras du lot" ;)

Xena

Quand on voit comment bossent les gens aujourd'hui et pas que les jeunes ou les étrangers, pas étonnant que le Pays va s'effondrer. Quand on voit comment les patrons paient ceux qui bossent vraiment, pas étonnant qu'ils n'aient que des brelles qui se présentent pour les postes et des mauvais qui y restent. Quand on voit comment l'état ose taxer à ce point tout ce petit monde d'employés incapables ou de patrons incompétents, on comprend que c'est juste la finance qui maintient encore le miracle et illusion, que tout ne tient plus sur grand chose. C'est plié, c'est foutu, mais on avait deviné. En attendant les envahisseurs sont là, ils ont encore plus faim que les autochtones et devinez qui ils vont bouffer ?

FRÉDÉRIC SERRANO CORLEONE CALVARUSO (dpt33)

raconte tes expériences! fais nous rire, puisque pleurer ne sert à rien!

Piero San Giorgio

Même constat en pire, 10 ans plus tard. Il serait intéressant de savoir ce que sont devenus ces personnes entre temps.

Timo


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