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Revue de presse de la Journée internationale des droits des femmes

Vive les hommes!

Non, sans blague. Pour son numéro du 7 et 8 mars, le Figaro publie le manifeste de Frédéric Beigbeder intitulé Vive les hommes!

Frédéric Beigbeder : « Oui, nous sommes parfois des connards, mais vive les hommes ! »

Si je devais défendre la condition masculine, je commencerais par citer la plus célèbre tirade de Musset, qui est dans On ne badine pas avec l’amour  (1834) : «Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueil leux et lâches, méprisables et sensuels. » Vous connaissez la suite : le poète énumère ensuite quelques défauts des femmes – qu’en ce week-end du 8 mars, il serait inélégant de mentionner – et conclut en affirmant qu’« il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. »

*soupir*

Le Nouvel Obs, quant à lui, publie la réponse d’Amandine Schmitt.

Cher Frédéric Beigbeder, vous voulez une médaille pour avoir vidé le lave-vaisselle ?

« Vive les hommes », c’est le titre du manifeste de Frédéric Beigbeder dans « le Figaro magazine » du 7 mars. « Vive les femmes », à l’approche du 8 mars où l’on célèbre cette minorité constituée de 4 milliards de personnes, aurait été trop provocateur. On aurait pu croire à un dangereux groupuscule wokiféministe avec pour seul objectif de détraquer la civilisation. Mais « Vive les hommes », on peut l’affirmer en toute quiétude. Les femmes ont tout juste commencé à entrouvrir la porte sur les injustices qu’elles subissent, mais vous vous empressez de recadrer fissa : vive les hommes, hier comme aujourd’hui, et les moutons seront bien gardés.

De notre côté de l’océan, voici quelques chroniques publiées dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes.

8 mars: d’abord ne pas nuire

Selon le Conseil du statut de la femme, l’objectif de la Journée internationale des droits des femmes « est de dénoncer les discriminations, les inégalités et les violences vécues par les femmes. Il s’agit d’un moment propice à la réflexion et à la recherche de solutions visant à améliorer la condition de chacune des femmes, tout en soulignant le chemin parcouru. » 

À la question « comment pourrions-nous, dans le contexte actuel, améliorer les conditions de vie des femmes au Québec », le contexte nous oblige à répondre qu’il faudrait déjà s’assurer de ne pas les faire reculer. Car, c’est ce qui pourrait se produire si l’on cède à nouveau à la sempiternelle idée selon laquelle le Québec « est dans le rouge » et n’a plus les moyens de se payer les programmes sociaux et les services publics dont il s’est doté au fil du temps. Si le Québec met le cap sur l’austérité, ce sont encore une fois les femmes qui en paieront démesurément le prix.

Droit à l’avortement : ne baissons pas la garde!

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Collège des Médecins du Québec se penche cette année sur ce thème hautement d’actualité. Comment faire en sorte que toutes les femmes, aux quatre coins de la province, aient accès à un soin aussi essentiel? Tour de la question avec la Dre Geneviève Bois, médecin de famille et militante pour les droits des femmes.

Un accès inéquitable et encore précaire

Dans la province, il existe une quarantaine de points de service qui pratiquent des IVG ou servent de points d’entrée pour recevoir des soins. Leur répartition géographique est toutefois inégale. Quant aux délais d’attente, ils varient, pouvant parfois dépasser 2 ou 3 semaines.

Pour éviter que les droits des femmes autochtones soient éclipsés

Même si la lutte des femmes et des filles autochtones pour faire valoir leurs droits progresse, d'importants dossiers sont encore à régler. Et la présidente de Femmes autochtones du Québec, Marjolaine Étienne, souhaite que leur cause se taille une place parmi les principaux enjeux de la prochaine campagne électorale.

«Il faut que ce soit dans les programmes électoraux, a-t-elle lancé en entrevue. Le fait de l’inscrire et d’en parler dans une campagne électorale, ça nous dirait à nous, les femmes autochtones, que [les politiciens] sont prêts à travailler pour nous.»

Si les dossiers qui préoccupent les femmes autochtones avançaient déjà à pas de tortue, la prorogation du Parlement annoncée par Justin Trudeau en même temps que sa démission les a pratiquement paralysés.

C’est le cas des négociations sur la réforme à long terme de la protection de la jeunesse autochtone, qui se déroulent après des années de plaidoyer et de litiges de la part des Premières Nations et d'experts voulant réparer des décennies de discrimination contre les enfants des Premières Nations arrachés à leurs familles et placés en famille d’accueil.

Journée internationale des droits des femmes : « Retourne dans la cuisine ! »

À Washington comme dans les classes de nos écoles, on assiste ces jours-ci à une glorification inquiétante d’une forme de masculinité hostile, qui s’en prend notamment aux féministes. Le féminisme défend pourtant l’amour, plaide Martine Delvaux à la veille du 8 mars.

Le 8 mars du grand ressac

Chronique de Rima Elrouki. Il fut un temps pas si lointain où on se demandait naïvement : a-t-on encore besoin d’une Journée internationale des droits des femmes ?

Sérieux, mesdames, on n’est quand même plus en 1950 ! Du moins, pas au Québec… Le monde vous appartient. Vous pouvez être astronaute ou première ministre si ça vous chante. Vous avez droit à l’équité salariale. Vous êtes libres de votre corps et de vos choix. Dans la foulée du mouvement #moiaussi, vous avez fait des gains importants. De quoi vous plaignez-vous encore ? Allez, soyez reconnaissantes, souriez un peu et, s’il vous plaît, tassez-vous. Ça suffit, toutes ces balivernes « wokes » de diversité, d’équité et d’inclusion. C’est au tour des hommes maintenant. Pourquoi n’auraient-ils pas droit à leur journée internationale eux aussi ?

Pourquoi ? J’avance quelques hypothèses : peut-être parce que l’année – et même l’époque – leur appartient ?

Parce que l’égalité de droits ne garantit pas l’égalité de fait ?

Parce que la violence à l’égard des femmes est endémique même dans une société progressiste comme la nôtre ?

La carte alternative du métro «Montréal, ville de femmes» invite le public à découvrir ou redécouvrir des figures marquantes de notre histoire et de notre société.

Une carte alternative du métro pour reconnaître l’apport des femmes

Après New York, Londres et Barcelone, Montréal possède maintenant sa carte alternative du métro qui rend hommage à des femmes remarquables qui ont contribué à son développement.

«Prochaine station: Gabrielle-Roy» Et si l’on renommait les stations du métro de Montréal en hommage aux femmes qui ont façonné la ville? On pourrait alors imaginer le nom de la célèbre écrivaine résonner aux portes de Saint-Henri, quartier qu’elle a immortalisé dans Bonheur d’occasion. Les noms d’Irma LeVasseur et de Justine Lacoste-Beaubien s’imposeraient naturellement pour la station la plus proche du CHU Sainte-Justine, qu’elles ont fondé. Et des milliers de personnes pourraient transiter chaque jour entre les lignes orange et bleue par la station Lhasa-De Sela, nommée en l’honneur de l’artiste de musique du monde dont le décès prématuré avait bouleversé le Québec en 2010.

Lancée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la carte alternative du métro Montréal, ville de femmes invite le public à découvrir ou redécouvrir des figures marquantes de notre histoire et de notre société, parfois de grandes oubliées de notre toponymie.

Un pays sur quatre fait état d’un recul des droits des femmes en 2024

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, ONU Femmes appelle le monde entier à défendre les droits, l’autonomisation et l’égalité pour TOUTES les femmes et les filles.

Partout dans le monde, les droits des femmes et des filles font l’objet de menaces grandissantes sans précédent : discrimination croissante, protection juridique faible, diminution des ressources financières allouées aux programmes et institutions consacrés au soutien et à la protection des femmes.

Le dernier rapport d’ONU Femmes « Le point sur le droit des femmes, 30 ans après Beijing », publié en amont de la 50e Journée internationale des femmes des Nations Unies ce 8 mars, montre qu’en 2024, près d’un quart des gouvernements du monde entier faisaient état d’un recul des droits des femmes.

Du côté de l’actualité :

Floride : une enquête pénale ouverte contre les frères Tate

Les autorités de Floride ont engagé une enquête pénale contre l’influenceur masculiniste britannico-américain Andrew Tate et son frère, a annoncé mardi le procureur général de cet État américain où les deux hommes sont arrivés récemment de Roumanie, où ils sont poursuivis pour viols et traite d’êtres humains.

« Ces types ont reconnu publiquement avoir participé à ce qui apparaît comme du proxénétisme et de l’exploitation de femmes à travers le monde », a-t-il souligné mardi. « En Floride, ce type de comportement est considéré comme atroce », a insisté M. Uthmeier.

« S’ils ont commis des actes criminels en Floride, nous les poursuivrons avec toute la force de la loi et leur ferons rendre des comptes », a ajouté le procureur général.

Violences sexuelles sur 299 patients : l’ex-chirurgien français « prêt à reconnaître » certains viols

L’ex-chirurgien français Joël Le Scouarnec, jugé en France depuis le 24 février pour des viols et agressions sexuelles sur près de 300 patients, a déclaré lundi être « prêt à reconnaître » certains viols, affirmant en avoir « fini du mensonge ».

Affaire des viols de Mazan: Caroline Darian dépose une plainte pour viol contre son père Dominique Pelicot

Selon nos informations, Caroline Darian, 46 ans, estime avoir été victime des abus sexuels de son père sur une période potentiellement de 10 ans, de 2010 à 2020, en étant alors sédatée et donc sous soumission chimique.

Personnes trans : « Nous sommes les canaris dans la mine »

Aux États-Unis, les personnes transgenres sont dans le viseur de Donald Trump.

Le président Donald Trump a multiplié les décrets visant la communauté LGBTQ+, et particulièrement les personnes transgenres. Ces dernières doivent de nouveau se battre pour des droits qui semblaient acquis.

Australian women are doing 50% more housework than men. It’s creating ‘volcanic levels of resentment’

L'Australie et la Nouvelle-Zélande se classent au troisième rang mondial pour le travail domestique non rémunéré effectué par les femmes, selon les données de l'ONU pour 2023. La dernière enquête sur la dynamique des ménages, des revenus et du travail en Australie (Hilda) montre qu’en 2022, les hommes consacraient en moyenne 12,8 heures par semaine aux tâches ménagères – exactement le même temps qu’il y a 20 ans – tandis que les femmes en consacrent 50 % de plus (18,4 heures en moyenne).

Enfin, pour le plaisir :

QUEER GAZE · L’âge d’or du cinéma lesbien (dossier complet)

De la fabrication de films révolutionnaires dans les années 1990 aux dilemmes rencontrés par les réalisatrices dans les années 2000, la journaliste Laurine Labourier revient sur l’âge d’or du cinéma lesbien.

Comments

Merci pour ce travail essentiel! J'ai toujours hâte de te lire chaque semaine!

Emilie Ouellette


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