Bonjour à tous. Je vis en campagne depuis 7 ans. J'arrive au stade où je rencontre enfin plus de locaux que de "néo", même si la plupart des locaux me connaissent déjà. Et oui, ici tout le monde parle et les réputations se font très rapidement, avant même de rencontrer les gens. Mon expérience avec les agriculteurs du coin est très positive. J'en ai fait travailler quelques-uns au tout début des travaux d'implantation du jardin. Ils apprécient que mon projet ressemble à ce que eux ont toujours fait. Ils apprécient aussi mon métier (charpente), ça aide. La plupart vivent des situations très compliquées (isolement, célibat, surendettement, harcèlement administratif et règlementaire). Malgré la dureté de leur condition, mes voisins éleveurs sont très attachés à leurs bêtes et je ne les imagine pas une seconde faire autre chose, à moins de faire faillite, auquel cas, c'est souvent le coup de 12 au fond d'un hangar ou une corde dans le pré. J'ai énormément de respect pour eux. Ils le savent et je crois que c'est réciproque. Ce qu'ils détestent par dessus tout : les urbains donneurs de leçon, les assistés, les banquiers, les politiciens. Ils sont parfois plus écolos qu'on l'imagine. Mes voisins n'emploient que très peu de produits, ils essaient au maximum d'épargner à leur vaches les antibios et autres saloperies. La transition vers d'autres productions est difficile. Peu d'agriculteurs, cela veut dire beaucoup de machines et des décennies pour amortir leurs investissements et payer leurs dettes. Cela rend toute reconversion difficile, voire impossible pour des exploitations souvent au bord du gouffre. Quant à la permaculture... C'est beau en théorie, en pratique, tant que nous évoluerons dans un marché mondialisé et urbanisé c'est impossible. La plupart des formateurs en permaculture n'ont jamais vécu de la terre. Vivre de stage à 1000 euros la semaine, ce n'est pas vivre de la terre. Soyons clairs. Bonne journée à tous.
François Bernard
2020-03-12 16:29:29 +0000 UTC
Bonne réflexion dans ta vidéo, en effet la confiance est dure a gagner surtout quand on est pas né localement, j'en fais l'expérience depuis 15 ans dans mon village de bourgogne... pas faciles faciles les paysans!!!
gérard mensoif
2020-03-12 13:20:02 +0000 UTC
Autre possibilité pour gagner la confiance, ce serait de commercer dans la mesure du possible avec lui. S'il fait des céréales et que tu as de l'élevage, vois pour lui acheter en direct du grain et de la paille. Certes il ne va pas doubler son revenu mais sa marge sera plus importante et il gagnera en relation et en confiance avec le voisinage. Avec la crise de confiance entre les agriculteurs et la population sur le sujet des pesticides, il faut chercher à regagner cette confiance.